Pour ce rendez-vous avec une artiste de Neuilly-sur-Seine, nous vous présentons Marie-Ange Barbet.

Cette peintre-portraitiste-graveur réalise des portraits sur commande et des dessins sur le vif, notamment lors d’événements publics, concerts et pièces de théâtre. Elle dirige également l’association Artistes à Neuilly et partage sa passion et son savoir-faire à travers différents ateliers.

 

“Une attention soutenue à la dimension très réaliste et charnelle de la personne, contenue par une écoute intense d’une dimension moins visible, plus sensitive, l’attention à une dimension extra visuelle. “

 

 

Bonjour Marie-Ange, pouvez-vous présenter votre parcours ?

J’ai commencé ce parcours de vie à partir du moment ou j’ai eu à la choisir personnellement. Le jour où j’ai mis le pied dans un atelier, je n’ai pas cessé d’y retourner.

Ma formation d’art-contemporain s’est construite à la fois par des enseignements universitaires et académiques (Sorbonne, Ecole du Louvre), en l’agrémentant à ma manière par différents ateliers à Paris et à Londres. Le dessin est devenu une vraie passion qui a ouvert de nombreuses opportunités, des rencontres avec des artistes inspirants et l’envie de partager aussi, à travers l’enseignement.

 

« Charles », huile sur toile, 2018

 

Pourquoi le dessin et la peinture ?

Cela s’est fait naturellement. J’avais déjà des facilités très jeune et j’ai vite rencontré une personne qui m’a encouragée à renforcer cet intérêt et à explorer cette voie. Les rencontres sont très importantes pour faire évoluer son expression artistique !

Je suis très sensible à la couleur, sa vivacité, ainsi qu’à l’humain dans ses dimensions émotives et j’ai conjugué un peu des deux à travers mes dessins pour me retrouver dans le domaine du portrait et de la figuration humaine.

 

 

Comment définissez-vous votre art ?

Je travaille principalement sur le portrait et le dessin de nu car j’aime faire le lien entre l’âme et le corps, le traduire à travers un regard. Chacun traduit quelque chose de bien particulier, plus ou moins fortement, mais il y a aussi mon propre regard que je pose sur un visage.

Mes portraits reflètent une traduction réaliste d’un côté et une vision plus suggestive de l’autre. Une attention soutenue à la dimension très réaliste et charnelle de la personne, contenue par une écoute intense d’une dimension moins visible, plus sensitive, l’attention à une dimension extra visuelle.

 

 

Quelles techniques utilisez-vous et pourquoi ?

Crayons, fusain, pastel, huile, acrylique, aquarelle, gravure … Chacune de ces techniques me permet d’exprimer une émotion particulière. Ce qu’une personne m’inspire va avoir une influence sur la technique, la palette de couleurs, comme quelque chose de très contrasté ou avec plus de douceur.

Je suis très à l’écoute de cela, réceptive à la diversité de chacun. Il y a une traduction plastique du visage en face de moi qui m’ouvre le regard et me fait rechercher la meilleure manière de le transcrire. Parfois, on peut être attiré par un visage et une fois en pleine action il se passe moins de choses, parfois c’est l’inverse.

 

Ressentez-vous plus de facilités pour retranscrire certains portraits ? En fonction d’un âge ou d’un genre ?

Pas vraiment, car c’est avant tout une histoire de regard. Je suis sensible à ce que je perçois comme étant un certain caractère, une expression. J’aime beaucoup travailler avec les enfants car il y a une sorte de transparence de l’âme, une immédiateté dans leur propre regard, sans masque.

Le portrait “social” ne m’intéresse pas. C’est la personnalité de chacun, sa façon d’être au monde, sa particularité dans sa nudité qui m’intéressent. D’ailleurs, on remarque que certaines personnes peuvent être dévêtues mais sans réussir à se “mettre à nu” face à mon regard, alors que d’autres vont se dévoiler beaucoup plus tout en étant habillées. C’est encore une fois propre à chacun et à ce qu’il a envie de livrer.

 

Marie-Ange Barbet

 

Vous réalisez des commandes de portraits, comment cela se passe ?

La situation idéale est d’avoir le modèle en chair et en os en face de moi et de le faire poser d’une manière qui convienne, qui exprime une émotion. Je peux alors retranscrire la présence que la personne va transmettre en face de moi. Les portraits d’enfants peuvent être un peu plus difficiles dans la pratique, surtout pour les plus jeunes pour lesquels poser longtemps sans bouger est un challenge ! Aussi, je réalise parfois des portraits d’après photo. Mais mon travail est avant tout une collaboration, un échange.

 

 

Vous avez une série un peu différente nommée “Figures d’univers”, pouvez-vous nous en parler ?

C’est une série qui date un peu, mais qui représente un moment très particulier car j’étais très inspirée par des photos, par les couleurs de ces univers, le chatoiement des vêtements, les tissus colorés et le détail des bijoux. J’ai vraiment aimé réaliser ces portraits exotiques à partir de photos mais je préfère le portrait dans sa vraie relation avec la personne.

 

 

Comment votre style a-t-il évolué ? Avez-vous de nouvelles envies ?

Effectivement, il y a eu différentes manières de faire qui se sont succédées ou coexistent. Entre réalisme et gestualité pour évoquer “le vivant” dans sa dimension charnelle comme spirituelle, palpable et impalpable.

Aussi, j’aime beaucoup représenter les artistes dans le théâtre, les concerts et autres formes artistiques à travers des dessins sur le vif. Ce fut l’origine de mon livre “Vu à la radio” qui regroupe une sélection de dessins réalisés dans le cadre de France Musique, en rythme avec les prestations de différents musiciens de tous genres.

Pas plus tard qu’hier, j’ai eu le plaisir de dessiner le talentueux violoniste David Grimal. L’écho avec le rythme que déploie la musique et la manière dont cela peut se rendre par le crayon, c’est passionnant. Et bien sûr, toujours d’autres portraits de prévus.

 

 

Quelle est votre oeuvre préférée et pourquoi ?

C’est difficile ! Il y a une, qui n’est pas forcément la plus représentative ni la plus récente, mais que j’aime beaucoup pour le choix des couleurs. Il s’agit de “Mélanie au turban jaune”, portrait d’une jeune danseuse et chorégraphe.

 

Mélanie au turban jaune

“Mélanie au turban jaune”, acrylique sur toile, 120x202cm

Il y a à la fois le dessin et la couleur, des éléments qui me correspondent vraiment, ainsi que l’écho avec un autre art. Sinon, celle que je préfère est forcément la prochaine car j’ai cette envie d’aller au-delà.

 

 

Quels sont vos prochaines expositions ?

Vous pourrez me trouver à l’exposition Attention Talents qui aura lieu du 10 au 16 mai 2019 au Théâtre des Sablons à Neuilly, dont le thème cette année est “Art et Nature”. Je n’y présenterai donc pas un portrait cette fois-ci, mais un paysage d’Afrique inspiré par mon voyage extraordinaire en Afrique du Sud il y a quelques années.

J’ai également été sélectionnée pour le Salon des Peintres de l’Armée, du 13 au 19 mai 2019 aux Invalides, où je présenterai le portrait d’une jeune lieutenant saint-cyrienne.

 

 

Vous dirigez l’association des Artistes à Neuilly, pouvez-vous nous en parler ?

 Depuis 15 ans, je dirige l’association des Artistes à Neuilly et propose des ateliers de dessin et de peinture, avec comme axe directeur le portrait et le nu, l’apprentissage du dessin et de la peinture.

Il y a des ateliers dits libres et des ateliers dirigés, où l’enseignement est plus porté avec des corrections et des conseils pour guider l’élève. J’ai d’ailleurs engagé trois autres personnes qui ouvrent un peu l’enseignement à leur spécificités comme l’aquarelle sur le vif et la peinture à l’huile d’après natures mortes. Les ateliers sont ouverts à tous les niveaux.

 

 

Quel conseil donnez-vous aux débutants qui n’osent pas explorer leur créativité ?

Beaucoup sous-estiment leurs capacités. Dans un premier temps, il suffit d’être motivé, il y a toujours moyen de se lancer et d’acquérir des compétences techniques par la suite. Il n’y a d’ailleurs pas qu’une seule façon de faire, mais l’envie et le fait d’accepter d’évoluer sont des facteurs importants.

Certains vont avoir suffisamment de confiance car ils ont un bagage technique qui permet de laisser libre cours à plus de liberté. D’autres vont avoir un tempérament où la technique n’a aucune importance pour commencer. Au fur et à mesure, on va acquérir un langage, son propre langage. À travers le dessin de portrait, il s’agit de transposer, ce n’est pas une copie de la réalité mais un langage qui a ses propres paramètres.

 

 

Merci à Marie-Ange pour cet échange et son apport artistique à la ville de Neuilly-sur-Seine.

Pour plus d’informations, vous pouvez la retrouver :

  • Via son site internet

https://www.marieangebarbet.fr/

  • Lors de ses ateliers des Artistes à Neuilly au Centre Culturel Louis de Broglie 92200 Neuilly, métro Porte Maillot.

http://www.artistesaneuilly.com/