D’abord architecte DPLG, Juliette Plisson a choisi la peinture et plus particulièrement l’aquarelle lorsqu’elle a décidé de changer de vie professionnelle.

Depuis 2000, elle croque la ville de Neuilly, ses cafés, ses habitants, ses rues, ses bâtiments. Elle donne également des cours  au sein de l’association Artistes à Neuilly.

 

 

Vous êtes passé de l’architecture au dessin et à la peinture. Quelles sont les similitudes entre les deux ?

Un architecte, c’est à la fois un artiste et un constructeur. J’ai été élevée aux Beaux-Arts puisque j’y ai fait mes études, avec une culture du dessin et des arts plastiques. C’est là que j’ai appris la technique du dessin et à développer mon œil. Ce que j’aimais le plus en architecture, c’était la conception, la création, l’utilisation des couleurs. Toute cette technique acquise, je l’utilise aujourd’hui énormément dans le dessin, la peinture à l’huile et l’aquarelle.

 

Vous avez appris plus tard l’aquarelle… Qu’aimez-vous dans cet art ?

C’est un outil doté d’une puissance extraordinaire. L’aquarelle offre des possibilités incroyables, avec des pigments très riches. Et elle est facilement transportable ; j’ai mon matériel partout avec moi. Cela me permet de me placer n’importe où très facilement. J’adore particulièrement être dans les cafés, les rues, les jardins… Grâce à l’aquarelle, j’ai aussi beaucoup appris sur les couleurs, la matière, les mélanges…

 

Photo Juliette Plisson

 

“Lorsque je dessine, je me place dans une sorte de méditation, c’est comme une pause dans ma vie. C’est une bulle pendant laquelle je profite totalement du moment présent et des choses qui m’environnent.”
 

 

 

Comment définiriez-vous votre travail ?

C’est très instinctif, je dessine très vite, durant 1/2h- 3/4h, pas plus. Ce n’est pas une approche très classique de l’aquarelle, je n’attends pas qu’une couche sèche pour reprendre le travail. Lorsque je dessine, je me place dans une sorte de méditation, c’est comme une pause dans ma vie. C’est une bulle pendant laquelle je profite totalement du moment présent et des choses qui m’environnent. J’aime croquer les bâtiments avec un arbre devant, les coins de rue, les gens qui prennent des attitudes très concentrées devant leur tasse de café. Finalement, je ne suis jamais très loin de mon métier d’architecte.

 

En tant qu’artiste, qu’aimez vous particulièrement à Neuilly ?

Sa diversité. Entre l’Arc de Triomphe et la Défense, il y a une multitude d’architectures, des petites maisons Art Nouveau, des hôtels particuliers anciens, des bâtiments haussmanniens comme des constructions très modernes. Et puis, moi qui aime particulièrement  les arbres, il y a bien sûr le Bois de Boulogne.

 

 

Vous transmettez également votre passion…

Oui grâce à Marie-Ange Barbet, directrice de l’association Artistes à Neuilly, qui m’a proposée en 2013 de prendre en charge un atelier « Capturer l’instant, Carnet urbain ». Mon but, c’est de sortir de l’aquarelle classique à l’occasion d’un atelier ambulant. Tous les lundis de 14h à 16h30, je pars avec les élèves dans les rues de Neuilly dans un lieu de mon choix. Je les guide et conseille dans la réalisation de leurs sujets. Et s’il ne fait pas beau, nous pouvons aborder la théorie dans l’atelier du Centre Culturel Louis de Broglie, place Parmentier.

 

Vous apprenez l’aquarelle aux adultes. On peut donc apprendre à tous les âges ?

Oui bien sûr, le plus important, c’est de dédramatiser le fait de dessiner. La peinture, c’est avant tout du travail et pas du talent. Le but est que chacun prenne du plaisir, et ose ! C’est en tentant que l’on progresse. Je suis ravie de voir mes élèves qui vont au delà de ce qu’ils pensaient pouvoir faire et de proposer quelque chose qui correspond vraiment à leur personnalité. Une de mes élèves m’a dit « J’ai appris à ne plus avoir peur. » C’est très fort et c’est ce vers quoi je tends.

 

Qu’est-ce que le dessin peut apporter à chacun d’entre nous ?

Simplement des choses extraordinaires. C’est le fait de réaliser quelque chose avec ses mains, c’est créer. Même s’il y a des moments forcément douloureux pendant, cela peut être magique après. Et c’est ce que je transmets à mes élèves. J’ai l’impression d’être passée par toutes les étapes affreuses du dessin, je sais aujourd’hui ce qui m’a fait progresser et comment j’ai pu progresser.

 


 

L’actu de Juliette Plisson

Exposition du 19 au 21 février 2019  Galerie 104 Kléber Paris

 

Plus d’infos sur son travail